Je nageais à contre-courant,
Pensant que la force faisait le vivant.
Mes écailles d’or, mon seul trésor,
Brillaient sans joie, pesant si fort.
Le ruisseau chantait : « Lâche prise,
La paix t’attend dans ma surprise. »
Mais mon cœur, forgé dans la lutte,
Refusait d’écouter sa flûte.
Un jour, lasse de mes combats,
J’ai cédé, sans détour, sans débat.
L’eau douce m’a prise dans ses bras,
Et m’a portée là où je ne voyais pas.
Depuis, je vogue dans le silence,
En paix, en lente reconnaissance.
Car parfois, se perdre dans le flot,
C’est s’y retrouver, tout en haut.
© Susie Stiles-Wolf