Humidité et moiteur,
Peaux et fusils sans heures,
Bois pourri et termites,
Chairs et os sans mérite.
La cabane de mon Chasseur pour une nuit,
Mon homme et ses cheveux obscurcis.
Regards vitreux et mains sales,
Haleines d’alcool pour un huit-clos bestial.
Mon Chasseur et moi parmi les cafards,
Araignées fines sur nos gueules blafardes.
Ferme dévotion du Verbe natal,
Cabot des rues cherche à assouvir sa faim insatiable.
Croc pour croc,
Nuques en sang,
Mon beau Chasseur sans son manteau,
Ruée du bétail affolé par les eaux.
Torrent de pluie,
Fracassants bruits,
Le vent hurlant ne peut effrayer les cloportes,
Les fourmis rouges nous assaillent en cohortes.
Sous les yeux morts des biches empaillées,
Malgré les clous rouillés au plancher,
Et une pauvre serviette pour nous protéger,
Halètement impuissant, ému et aimant
Se fait l’écho de murmures incessants.
Fermer les yeux quelques instants,
Écarter des mèches sur un front suant,
Un ruissellement de gouttes salées sur des chairs musclées,
Un répit avant une fin atroce qu’on ne peut que repousser.
Corps poisseux engloutit son vassal.
Ensemble, amants cannibales,
Mon Chasseur et moi sa femme,
Entremêlement cadavérique d’une étrange fable.
(La lumière grésille et le carillon sonne.
La fin est proche – le vide tâtonne.)
Soleil, les noces frugales prennent fin,
Mon Chasseur avale ses balles au matin.