noahguernot

Le Cerf nous rattrape

 

 

Mon Chasseur m’offre refuge dans ses bras protecteurs.

Les mois ont passé et ses cheveux ont poussé.

Mes poumons s’imprègnent profondément de l’odeur de poussière et de la sueur de ses vêtements usés.

Mirage devient mon rêve, mon Chasseur est un arbre solide contre la tempête.

Il me berce tendrement ; je lui murmure mes promesses.

 

Je sais que quelque chose rôde entre les arbres.

Une silhouette humaine exclue de la Nature.

Un voyeur animal nous observe depuis sa cache.

Le Cerf marche comme un Homme,

En mimiquant l’un des nôtres il espère pouvoir déclencher une chasse.

 

Mon Chasseur n’en sait rien,

Il ne voit pas ce genre de choses.

D’une certaine façon je suis aussi aveugle,

Les bonnes choses me passent toujours sous le nez, je ne rencontre que la névrose.

 

L’intrus nous regarde ; je suis la seule à sentir sa présence, je pense que ça l’amuse.

Mon Chasseur me serre toujours dans ses bras,

Je n’ose rien dire ; vraiment, je ne veux pas que ça se termine.

 

S’il faut mourir, j’aimerais partir la première.

S’il avance, je me jetterai sur ses crocs.

Si c\'est ce que désire la forêt, je lui donnerai ma peau.