Sous la peau du printemps

GeekSusie

Ce n’est pas un grand geste,
pas une déclaration éclatante—
le printemps arrive comme une confidence,
à peine murmurée contre la peau du monde.

Je l’ai senti ce matin
dans l’air entrouvert de la fenêtre,
ni froid, ni vraiment tiède,
mais porteur d’une promesse
que le corps reconnaît avant l’esprit.

Il y avait cette odeur—
terre mouillée, feuilles anciennes,
quelque chose de profond, presque charnel,
comme si la terre elle-même
se souvenait d’avoir été vivante.

La lumière s’attarde désormais,
elle s’étire sur les murs,
glisse sur nos mains enlacées
sans se presser de disparaître.

Et toi, dans cette clarté nouvelle,
tu sembles différente—
ou peut-être est-ce moi
qui te redécouvre,
comme un paysage que l’on croyait connaître
et qui, soudain, respire autrement.

Les arbres hésitent encore,
leurs branches nues vibrent d’un secret,
une tension douce, prête à éclore,
comme le désir contenu
dans le silence d’un regard.

Tout est là, en suspens—
le renouveau n’explose pas,
il s’infiltre,
il s’insinue dans les gestes les plus simples :

ouvrir une porte sans frissonner,
laisser entrer l’air,
sourire sans raison précise.

Le printemps ne guérit pas tout,
mais il déplace quelque chose—
une fatigue ancienne,
un poids discret que l’on portait sans le nommer.

Et dans cet allègement,
dans cette lente réapparition du vivant,
je sens à nouveau
la douceur d’exister,
la chaleur possible,
la certitude fragile
que tout peut recommencer,
sans bruit,
mais avec une infinie tendresse.

© Susie Stiles-Wolf

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Comments +

Comments1

  • sorenbarrett

    A beautiful scene painted in images of nature and peace. Well written



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